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Naturisme
24 septembre 2007

À Erdeven, le bonheur de camper tout nu. Au début

À Erdeven, le bonheur de camper tout nu.

SIDE_1963043_2_20070821_apx_470__w_ouestfrance_Au début des années 1970, les naturistes ont obtenu, de haute lutte, le droit de camper et de bronzer sans aucun vêtement,sur le littoral d'Erdeven, dans le Morbihan. Des années de soleil ont passé.Les soixante-huitards ont eu des enfants, des petits-enfantsqui courent dans les allées bien tranquilles du camping de La Pinède. C'est un beau camping à visage humain, cinq hectares dans une agréable pinède pour cent emplacements. Plutôt spacieux. Le petit cabanon de l'accueil, les trois sanitaires, la salle d'animations, noyés sous une profusion de fleurs, gagneraient n'importe quel prix du Jardin fleuri. Ici, le campeur trie ses déchets, a le contact facile, respecte son voisin, lui prête une chaise s'il en a besoin. La plaquette publicitaire mentionne également « un microclimat breton ensoleillé ». Cela doit être vrai... Car ici, tous les campeurs sont nus comme les angelots du peintre Raphaël et impeccablement bronzés de la tête aux pieds. « On a qu'une envie en arrivant ici, assure François, un Finistérien, membre du Club naturiste de Bretagne Sud (CNBS), propriétaire du terrain. C'est d'enlever les vêtements que l'on porte toute l'année. »SIDE_1963043_2_20070821_apx_470__w_ouestfrance_

Nus pour laver la vaisselle, nus pour manger, nus pour nettoyer les palourdes pêchées dans la ria d'Étel toute proche, nus pour discuter avec les voisins que l'on connaît nus depuis trente ans, nus pour la bronzette sur les transats. Pas sur les sièges plastiques, ça chauffe. À l'heure de l'apéro pourtant, les joueurs de pétanque enfilent un pull. En Bretagne, à la mi-août, les soirées sont plus fraîches qu'un rosé de Provence. « « Mais qu'est-ce que vous faites quand il fait froid ? » Ça m'a toujours fait marrer cette question bête des gens qui s'imaginent des tas de choses sur les naturistes, entonne Louisa. Ben, comme tout le monde, on met une petite laine ! » Wia et Jan Bos, couple de Néerlandais retraités, des habitués du camping La Pinède. Conscients que leur nudité assumée puisse gêner les plus pudiques, ils posent, couverts d'un journal de bonne taille. : Ouest-France Louisa, 81 ans, dix arrière-petits-enfants, doyenne du club. Même caravane depuis 1974. Elle a conquis « son havre de tranquillité », avec les pionniers du mouvement, à la fin des années 1960, « quand l'un d'entre nous devait faire le guet pendant que les autres se baignaient, leur maillot de bain à la main, par peur du gendarme ». Louisa bénit des entêtés comme Albert, le fondateur, qui s'est coltiné les réunions en mairie pour décrocher une tolérance, un bout de plage. Manifestations, hostilité des locaux... le combat a été rude, malgré l'aide providentielle d'esprits ouverts : le châtelain de Soussay, l'ancien maire, qui propose un terrain ; les agriculteurs voisins qui prêtent le tracteur pour la collecte des déchets. Le climat s'est détendu en avril 1975, quand EDF et l'État français ont eu l'idée saugrenue d'implanter une centrale nucléaire sur les dunes d'Erdeven. Naturistes et habitants ont trouvé un terrain d'entente. « 'Oui aux tétons, non aux neutrons', c'est le slogan qui nous a sauvés », se marre Jean-Claude, un ancien du club. Depuis les campeurs naturistes vivent en parfaite harmonie avec l'autre communauté, « les textiles », les gens habillés. Peu à peu, « le boulevard des voyeurs », le surnom que les naturistes ont donné au chemin longeant leur plage, s'est clairsemé. Wia, Néerlandaise, explique très bien cette banalisation : « Quand on a vu un corps nu, on les a tous vus ! »

Si traditionnellement les Néerlandais ont « leur coin », au fond du camping, Wia et son mari Jan plantent à côté des Bretons. Wia a appris les danses locales et Jan, l'accordéon diatonique. Ils ont vu grandir les enfants des habitués. « L'ambiance est très familiale. » À des années lumières du Cap d'Agde, le pays de la drague au soleil. Ici, à La Pinède, on pratique plutôt le tennis ou la poterie. Les enfants sont surveillés - c'est dans la charte du naturisme - et entendus quand vient le temps de la puberté et les premières transformations du corps. « Soudain, on devient pudique. On n'a plus envie de se montrer nu devant les petits copains », explique Sylvie, maman d'une adolescente de 11 ans. Après ce passage, on re-laisse tomber le maillot. Ou pas. La nouvelle génération peine à perpétuer la tradition familiale, expliquent les pionniers bretons. Le corps désormais moins droit qu'un menhir, les derniers soixante-huitards voient d'un oeil navré les sirènes de la consommation et les maillots sexy, autrement plus aguicheurs qu'une peau nue, gagner leur couvée. Révolu le combat contre la pudibonderie · Pas tout à fait. Les naturistes rechignent toujours à donner à la presse un patronyme complet. « Mon fils est maire de sa commune, s'excuse Louisa. Je ne veux pas l'embarrasser. » Passer le portail du camping, il faut rendosser le costume taillé pour la bienséance.

Christelle GUIBERT.

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Commentaires
S
En cherchant un blog qui parle de diatoniqe (accordéon), je suis arrivée ici... je n'ai pas trouvé l'article sur le sujet, mais je laisse quand même un petit com.<br /> J'en profite juste pour dire qu'il faut bien faire attention si on joue de l'accordéon nu, de ne pas se coincer un sein dans le soufflet (faut pas rire : ça peut arriver !)
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